Compte administratif 2025

Intervention de Catherine Candelier, conseil du 25 juin 2026

Cher-es collègues,

Un compte administratif ce n’est pas ce qui est le plus facile à aborder lorsque, comme certaines et certains d’entre vous, on débute un mandat d’élu-e.

Je me permets donc de faire un peu de pédagogie à l’attention de nos nouveaux collègues : un compte administratif retrace la façon dont dépenses et recettes ont été réalisées à partir du budget primitif. Ce que nous votons ce soir, ce n’est pas le rapport de présentation, mais le gros pavé rempli de tableaux et de chiffres. Et ce n’est pas un document uniquement technique, c’est un document politique. C’est ici qu’effectivement on peut tenter de voir si le budget primitif était sincère dans sa présentation, si toutes les belles réalisations promises ont été réalisées durant l’exercice budgétaire, si toutes les affirmations de l’exécutif quant aux prévisions se sont révélées exactes.

Et à Sèvres, depuis de trop longues années, l’écart entre ce qui est promis et ce qui est réalisé est toujours important. Et cet écart, l’exécutif de la ville vous expliquera que c’est un peu toujours la faute d’autres acteurs. Et surtout la faute de l’Etat qui diminue inexorablement ses contributions aux collectivités territoriales depuis bien des années. A cet égard, il ne faudrait pas oublier que l’Etat n’est pas une entité indépendante et hors de contrôle, mais il dépend d’un président de la République et d’un gouvernement, que beaucoup d’entre vous chers collègues soutiennent.

J’en viens aux résultats de l’exercice budgétaire 2025.

En fonctionnement, vous affichez un excédent cumulé de près de 12 millions d’euros : c’est toujours notamment la conséquence de votre décision d’augmenter la taxe foncière en 2023 de 4,76 points, mais c’est également la conséquence de votre politique assumée de ne pas redistribuer plus la richesse de notre ville en faveur des ménages modestes.

Je rappelle qu’en 2025, l’observatoire des inégalités, organisme indépendant, indiquait que Sèvres est la 11ème ville la plus inégalitaire de France. Les ménages les plus riches ont un revenu 5 fois supérieur aux ménages les plus pauvres. Cela devrait nous inciter à avoir une politique sociale d’accompagnement bien plus marquée. Hélas cela n’a pas été le cas en 2025.

Côté soutien aux associations, la hausse globale de la ligne subvention est presque uniquement due à 62.000 euros dédiés au sauvetage du Tennis Club, alors que d’autres structures ont vu leurs moyens diminués.

Pour ce qui concerne l’investissement, environ ¼ des crédits d’accessibilité sont annulés, idem pour la transition énergétique. Au total, plus de 3 millions d’investissements crédités n’ont pas été réalisés et sont abandonnés.

Comme nous n’avons jamais le détail des restes à réaliser et des crédits sans emploi, il nous est difficile d’illustrer par des exemples concrets. Mais sans doute, en ces temps de canicule, de crise énergétique, pourrait-ton enfin prendre la décision d’accélérer la rénovation de nos équipements municipaux afin d’améliorer leur confort d’usage et de diminuer notre facture énergétique.

Comme les années précédentes, de nombreux engagements n’ont pas été tenus.

Enfin sur l’annexe verte qui qualifie nos dépenses vis-à-vis de la transition écologique, je regrette que vous ne nous fournissiez pas le rapport du cabinet Klopfer en même temps que les autres documents. Si vous affichez une progression de 2,5% des dépenses favorables à l’environnement par rapport à 2024, ce qui est positif bien sûr, nous sommes bien loin d’une neutralité à atteindre en 2025 et d’un objectif pour 2030 de 50% de dépenses favorables.

Je n’oublie évidemment pas l’éléphant dans le magasin de porcelaine (de Sèvres): le projet de rénovation de centre-ville que vous portez et qui représente plus de 19 millions de restes à réaliser en investissement. Vous le savez, et nous avons eu l’occasion de le réaffirmer durant la campagne : il est nécessaire de rénover le centre-ville mais il faut également investir de toute urgence dans tous les quartiers de Sèvres, ce que vous ne faites pas, comme le démontre ce compte administratif.

Je termine en vous remerciant d’avoir résolu ce jour une petite illégalité relevée et signalée en commission : l’annexe concernant les actions de formation des élus était vide, alors qu’elle doit détailler nominativement les bénéficiaires.

Intervention de Frédéric Puzin, conseil du 25 juin 2026

Dans les rapports des délibérations touchant au compte administratifs, l’Etat est toujours méchant, le « législateur » cupide et la commune, un innocent agneau buvant de l’eau fraiche au bord de la rivière et ne se souvenant pas des augmentations massives et brutales de la taxe foncière notamment que la commune impose à une partie de ses habitants. J’ai relu l’intégrale des comptes administratifs depuis 1983 et pas une seule fois, la commune n‘a manqué de se féliciter de son excellente gestion dont le développement est entravé après des mesures apocalyptiques de l’Etat. Il n’y a jamais eu l’once d’une interrogation sur quelque décision communale que ce soit.

C’est le monde merveilleux des finances locales où rigueur et compétence sont les maitres mots et le monde Voldemort, l’Etat, où gabegie et irresponsabilité doivent être fermement dénoncées.

Le compte administratif permet simplement de mesurer le delta ente les promesses d’un budget et les réalités de ce qui a pu être effectué. Dois-je me féliciter de l’accomplissement d’un budget que j’ai rejeté. Il faut prendre le compte pour ce qu’il est un constat, sans doute le plus complet pour avoir une vision claire de la Ville.

On constate une baisse des produits du domaine sans analyse qualitative. En revanche l’augmentation des produits fiscaux est bien célébrée en vert. Les recettes de fiscalité sont dites avoir enregistré une « dynamique modérée » sans doute écrit avec un peu de regret.

Les priorités de la Ville sont questionnées quand on voit les impacts terribles des canicules à répétition et quand on voit que cette dimension est ignorée et qu’aucun investissement significatif est prévu. Il faut stopper immédiatement les projets dispendieux, la serre tropicale de ce qui est qualifié de nouveau marché et tout investir dans la rénovation des espaces publics, écoles, crèches, ateliers, bureaux…

Il n’y a plus de plan climat à GPSO. Ce qui est mauvais signe.

L’annexe verte du compte administratif est une nouveauté de deux ans. La méthode vise à interroger chaque dépense sous l’angle de son impact sur le Climat, mesurée en fonction d’un niveau estimé d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle génèrerait.

En tout état de cause, selon cette approche, il s’agit d’apprécier plus particulièrement l’impact de la dépense (et donc des choix politiques) sur la biodiversité, la surexploitation des ressources, les changements climatiques, les pollutions… et les espèces exotiques envahissantes On peut penser à Sèvres à l’Herbe de la pampa)

Il n’y a pas de vrais détails et on aimerait un bilan du même ordre sur tout ce qui a été effectué précédemment : l’inadaptation du bâti, la minéralisation outrancière (parvis du collège) l’impact des travaux pharaoniques qui pourraient être calculés avant et pas après.

C’est vrai que de passer l’installation de la statue du général Leclerc sous cette grille est intellectuellement fascinant mais toute méthodologie aboutissant à ce que les investissements des collectivités territoriales sont considérés comme largement verts et pratiquement jamais impactant laisse perplexe.

On sait que sont en préparation des chantiers bétonnant majeurs sur la RD910, effectués sur l’Ile Seguin, le cœur de Sèvres multi bouleversé et rien tout est climatophile. Le projet Cœur de Sèvres est même qualifié de « Projet résolument vertueux » à 65% avec un impact neutre et quasiment aucun impact négatif. C’est une forme de négationnisme.

Retour en haut