
Un marché vieillissant et des espaces abandonnés. Depuis son implantation en 1983, le marché de Sèvres n’a presque pas évolué. Les espaces autour sont aujourd’hui délaissés, et tout le monde s’accorde sur un point : il est urgent d’agir pour redonner vie à ce cœur de ville. Mais à quel prix ?
Un budget colossal. En 2018, la vente des parts de la SEMI Sèvres a rapporté 34 millions d’euros à la ville. La municipalité sortante a bloqué 20 millions d’euros pour ce réaménagement, délaissant d’autres investissements dans la ville. Aujourd’hui le projet est évalué à 48 millions d’euros.
Une concertation en trompe-l’œil. Les « concertations » se sont multipliées, mais avec un problème majeur : les Sévriennes et Sévriens, de moins en moins nombreux à y participer, ont le sentiment que leurs avis ne sont ni écoutés ni pris en compte. Résultat ? Un projet qui s’éloigne des attentes réelles des habitants.
Un déménagement controversé. Le marché serait déplacé de 150 mètres, dans un nouveau bâtiment construit à la place de l’ancienne station-service et du café de la mairie. Mais ce projet implique un sacrifice de taille : la destruction de la passerelle du 8 mai 1945, un ouvrage pourtant essentiel pour les déplacements quotidiens. À la place de l’ancien marché, des locaux commerciaux verraient le jour, alors que de nombreux commerces peinent déjà à survivre dans la ville.

Suppression de la passerelle du 8 mai 1945 annoncée dans le Sévrien
Des risques concrets pour les habitants. Supprimer la passerelle, c’est prendre le risque d’aggraver les embouteillages dans des rues déjà saturées, comme la rue de Ville d’Avray ou la Grande Rue. Sans compter les nuisances supplémentaires pour les riverains et les problèmes de sécurité pour tous les usagers.
Des risques concrets pour le budget de la ville et la fiscalité locale. Nous savons toutes et tous que le projet estimé aujourd’hui à 48 millions, atteindra une somme bien supérieure lorsqu’il sera livré (peut-être) en 2032. Il faudra alors renoncer encore à des investissements de rénovation du patrimoine (piscine, hôtel de ville, écoles…) et augmenter vos impôts !
Des alternatives existent. Plutôt que de tout détruire, pourquoi ne pas privilégier la rénovation ? Rénover la halle du marché, embellir la passerelle du 8 mai 1945, végétaliser le square Odic, et préempter les commerces vides pour éviter qu’ils ne restent à l’abandon. Autant de solutions qui permettraient de moderniser le centre-ville sans gaspiller des millions d’euros et sans sacrifier des infrastructures utiles.
Un appel à la sobriété et à l’équité. Les investissements doivent profiter à tous les quartiers de Sèvres, pas seulement au centre. Il est temps d’adopter une approche plus sobre, tant sur le plan financier qu’écologique, et de repenser ce projet pour qu’il serve vraiment l’intérêt général.
Le moment est venu d’écouter enfin celles et ceux qui vivent au quotidien dans cette ville.
